2025/09/16 by Ulrich DOUO
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.n017.vol.5.08.2025
Résumé: Cet article examine le rôle de l’étrangéisation comme stratégie traductive dans le processus de décolonisation des savoirs et des imaginaires africains. Pour ce faire, il étudie une sélection d’écrits provenant de la littérature postcoloniale africaine. L’étrangéisation est un concept développé par Lawrence Venuti. Elle a pour but de préserver autant que possible les caractéristiques culturelles et linguistiques du texte source dans la langue cible. Elle se distingue de la « domestication » linguistique qui, elle, adapte le texte source au public étranger, en effaçant ces caractéristiques culturelles et linguistiques du texte traduit. Dans un cadre postcolonial, cette approche prend une signification à la fois politique et épistémique. Elle permet de mettre en évidence les langues, les discours et les représentations africaines du monde, qui ont souvent été négligés par l’histoire coloniale et son héritage dans l’édition mondiale. À travers l’étude de cas de Chinua Achebe, Ahmadou Kourouma et Ngũgĩ wa Thiong’o, l’article met en lumière les tensions entre fidélité à l’altérité et exigences de lisibilité, tout en appelant à une traduction plurilingue, critique et engagée. Il soutient que la traduction doit être réévaluée en tant qu’espace de médiation culturelle et instrument de résistance symbolique face aux relations de pouvoir postcoloniales. Mots clés : étrangéisation, décolonisation, postcolonial, traduction, résistance.