2025/09/16 by Dora LEONTARIDOU
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.n017.vol.5.14.2025
Résumé: Cet article examine la reconfiguration du mythe d’Œdipe dans trois réécritures contemporaines centrées sur Jocaste : Le Nom d’Œdipe. Chant du corps interdit (1979) d’Hélène Cixous, Jocaste (1981) de Michèle Fabien et Jocaste reine (2009) de Nancy Huston. En contraste avec l’hypotexte sophocléen, où Jocaste demeure marginalisée et réduite au silence, ces œuvres redonnent à la reine une voix et une présence scénique autonome. Chez Cixous et Fabien, la figure de Jocaste se reconstruit à travers l’expression des émotions – douleur, remords, affection – qui s’articulent autour de sa double identité de mère et d’amante. À l’opposé, Huston opère une reconfiguration rationnelle : sa Jocaste déconstruit les oracles et met en cause la crédibilité des dieux, tout en intégrant les enfants issus de l’union incestueuse dans l’expérience tragique. Ainsi, ces réécritures féminines non seulement déplacent le centre du récit, mais remettent aussi en question la vision masculine héritée de l’Antiquité, en réhabilitant Jocaste et en interrogeant le rôle du mythe dans la condition humaine. Mots-clés : Jocaste; réécriture; écriture féminine; théâtre francophone contemporain.