2025/09/15
#contexte #didactique des langues #historicité #politique des langues #écolinguistique
paper · doi:10.34745/numerev_2512
S’il va de soi de considérer le monolinguisme comme une idéologie linguistique, il n’est pas évident de qualifier ainsi le plurilinguisme qui semble relever davantage de la factualité tout en se prévalant d’une dimension projective. Le premier mouvement de cette contribution revient sur la notion d’idéologie linguistique et sa complexité pour aider à penser les relations langue/nation, la mondialisation et la diversité des plurilinguismes dans l’histoire. Aujourd’hui encourager la babélisation du monde n’est-ce pas participer de fait à son anglicisation ? Le deuxième mouvement de cette contribution conteste « l’argument du contexte » comme on avait précédemment critiqué « l’argument de la langue ». Le simplisme du recours au contexte ne saurait remplacer la contextualisation d’ensemble dont ont besoin la didactique des langues comme les politiques linguistiques. L’instrumentalisation de la langue dans les guerres de conquête, si elle fournit matière à slogans, ne dit rien du rôle des langues dans la construction des identités nationales. Une des facettes de la dimension idéologique du plurilinguisme est la préservation et la promotion de la diversité linguistique. Cette écolinguistique consiste largement en un « revival » de l’arsenal conceptualo-métaphorique de l’organicisme et du vitalisme du XIXe que Victor Henry, Michel Bréal et Ferdinand de Saussure ont contribué à liquider. Restent l’idéologie compassionnelle et la politisation directe qui signent l’absence d’épistémologie.