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Se souvenir de ses vies antérieures

2025/01/02 by David Vasse
#Catherine Breillat #La Barbe bleue #La Belle au bois dormant #cinéma

paper · doi:10.58048/2968-9198/23760

Abstract

Inspirée depuis ses débuts de romancière et de cinéaste par la puissance d'évocation des contes populaires, Catherine Breillat a très librement adapté à la fin des années 2000 pour la chaîne Arte deux contes de Perrault, La Barbe Bleue (2009) et La Belle au Bois dormant (2010), enchâssant ce dernier dans le récit de La Reine des neiges d'Andersen. Loin d'en proposer une adaptation sage et scolaire, l'auteure choisit de les aborder à l'aune de sa filmographie, en y puisant la source de ses obsessions pour le rapport entre lé désir et le dégoût, l'attirance et l'effroi, la fascination et la répulsion, un rapport qu'elle a toujours envisagé dans ses films au regard de l'altérité femme-homme. Surtout, ces contes de Perrault sont pour elle une nouvelle occasion de mettre en scène l'émotion initiatique des jeunes filles, celles dont elle a toujours affirmé qu'elles étaient son lieu de cinéma préféré. Cet article se propose d'étudier les différentes variations opérées par Catherine Breillat sur ces deux textes d'origine, sous l'angle de la transposition autobiographique idéalisée et de la synthèse de son imaginaire imprégné de mythologies enfantines. Inspired since her early days as a novelist and filmmaker by the evocative power of folk tales, Catherine Breillat freely adapted two of Perrault's fairy tales for the Arte channel in the late 2000s: La Barbe Bleue (2009) and La Belle au Bois dormant (2010), embedding the latter in Andersen's The Snow Queen. Far from proposing a conventional, scholastic adaptation, the author chooses to approach them from the perspective of her filmography, drawing from them the source of her obsessions with the relationship between desire and disgust, attraction and fear, fascination and repulsion, a relationship she has always considered in her films in terms of female-male otherness. Above all, these Perrault fairy tales offer her a new opportunity to portray the initiatory emotions of young girls, whom she has always claimed to be her favorite cinematic setting. This article examines Catherine Breillat's variations on these two original texts, from the angle of idealized autobiographical transposition and the synthesis of her imagination steeped in child mythologies.

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