2011/10/24 by Guillaume Gross · 1 citation
Arts and Humanities · Social Sciences · #Historical Studies and Socio-cultural Analysis #Reformation and Early Modern Christianity #Medieval and Early Modern Justice #Humanities #Art #Philosophy
paper · pdf · doi:10.3917/rhis.113.0487
openalex publication_date 2011/10/24 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/07/28
Résumé Quelle place a tenu la polyphonie (organum) à partir de la seconde moitié du xii e siècle et de quels enjeux sont révélateurs son avènement au sein des grandes fêtes liturgiques de la cathédrale Notre‑Dame de Paris ? Au cours de l’affrontement subtil et permanent que se livrent autorité spirituelle et pouvoir temporel dans la Cité, la promotion exceptionnelle de la polyphonie dans l’église de Paris nouvellement reconstruite montre une hiérarchie ecclésiale désireuse de renforcer son prestige. Elle tend également à affirmer la puissance d’un pouvoir épiscopal fragilisé par la politique expansionniste de la Curie romaine sous le pontificat d’Innocent III. Le développement de l’ organum lors des grandes célébrations va ainsi contribuer à valoriser l’image de l’évêque et renforcer encore son autorité morale, spirituelle et politique dans son diocèse. Autour des notions de plenitudo potestatis et d’ aberratio fidei se concrétise ainsi, dans la seconde moitié du xii e siècle, une manifestation inédite de la parole sacrée : l’ organum... pro servitio divino multiplicando . Les organa sont les « miroirs » de l’évêque qui reflètent son pouvoir à travers leur fonction liturgique et, à ce titre, le discours musical se mesure en termes d’efficacité et entre dans une véritable « stratégie de la communication » menée sous le ministère d’Eudes de Sully (1196‑1208).