2009/01/01 by Marc Bélissa · 1 voice · 1 citation
Arts and Humanities · #European Political History Analysis #Historical Studies and Socio-cultural Analysis
paper · pdf · doi:10.4000/ahrf.10571
openalex publication_date 2009/01/01 · openalex created_date 2016/06/24 · openalex updated_date 2026/08/01
En étudiant les textes des « publicistes » des deux dernières décennies de la fin du XVIIIe siècle sur le « système politique » de l’Europe, on est frappé de constater à quel point le premier partage de la Pologne de 1772 leur apparaît comme le point de départ d’une remise en cause de la politique continentale avant 1789. Pendant la Révolution française, « patriotes » et contre-révolutionnaires ne cessent d’y faire référence pour défendre l’idée qu’une page des relations entre les États a été tournée en 1772. Cette conviction s’est-elle forgée a posteriori ou les contemporains de la première partition l’ont-ils pensée d’emblée comme une rupture fondamentale de l’ordre européen existant ? Le partage de la Pologne apparaît à un courant d’opinion au sein des Lumières, et au-delà pendant la Révolution française, non comme un fait anodin dans une Europe hobbesienne dominée par les intérêts égoïstes des puissances, mais comme un crime contre les droits des nations, ouvrant une nouvelle ère des relations entre les peuples.