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«As nearly as possible». Valeur et autorité du double dans la redécouverte de l’Assyrie au XIXᵉ siècle

2021/01/01 by Yannick Le Pape · 1 voice
Arts and Humanities · Social Sciences · #Ancient Near East History #Eurasian Exchange Networks #History and Cultural Heritage

paper · doi:10.3406/camar.2021.1741

openalex publication_date 2021/01/01 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/05/21

Abstract

La localisation de l’ancienne Assyrie, au début des années 1840, suscita un engouement tel que les musées occidentaux eurent tôt fait d’exposer une partie des trouvailles provenant de terre otto-mane. Une partie seulement, car tout ne pouvait être transféré en Europe ou aux Etats-Unis et des pertes, par ailleurs, furent vite à déplorer. Aussi les vestiges assyriens, dans leur majorité, existèrent-ils en premier lieu dans l’imaginaire occidental sous forme exclusive de répliques. Les dessins réalisés sur les chantiers, tout d’abord, incarnèrent le patrimoine assyrien en Occident à la manière de « copies conformes » , dont l’autorité fut d’autant plus grande que les originaux avaient parfois disparu et que ces images étaient reprises de publications en publications. Les moulages et les autres procédés de copie en volume assurèrent aussi une visibilité inattendue à ce patrimoine lointain ou évanoui, sans compter que les musées eux-mêmes, désireux d’offrir à leurs visi-teurs une vision exhaustive de l’ancienne Assyrie, intégrèrent à leur parcours les duplicatas d’autres collections. Ce fut également au moyen de moulages qu’Austen Henry Layard, le découvreur de Ninive, fit connaître au public du Crystal Palace les vestiges des palais assyriens, reproduits « le plus fidèlement possible » (« as nearly as possible » ), en 1854. Parfois accueillies avec réserve, parfois dotées d’une réelle légitimité, ces copies témoignent à leur façon de la notoriété qu’acquit rapidement l’art assyrien, et ce furent même de tels « doubles » qui, volant la vedette aux originaux, servirent souvent de modèles aux architectes ou aux artistes. Cet article en forme de petite enquête part sur les traces de ces multiples succédanés qui par commodité, par nécessité ou par fatalité, ont permis aux vestiges assyriens de vivre et même de survivre à leur propre redécouverte.

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