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Quand expérimentation rime avec science-fiction : le cas de 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968)

2025/01/01 by Vincent Jaunas · 1 voice
Arts and Humanities · Economics, Econometrics and Finance · #Cinema and Media Studies #Narrative Theory and Analysis #Umberto Eco and Semiotics

paper · doi:10.4000/15eul

openalex publication_date 2025/01/01 · openalex created_date 2025/12/23 · openalex updated_date 2026/05/21

Abstract

Cet article interroge la supposée incompatibilité entre science-fiction et forme filmique expérimentale, qui découle notamment de la théorie de l’estrangement de Simon Spiegel, à travers l’étude du cas de 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968), film matriciel dans l’histoire de la science-fiction cinématographique mais faisant pourtant un usage notoire de la forme expérimentale. Dans un premier temps, nous établissons les modalités d’emploi de la forme expérimentale dans le film. Nous suggérons que le film oppose deux régimes audiovisuels concurrents, le premier, typique du cinéma d’auteur, conservant une structure narrative héritée du cinéma commercial, quand le deuxième développe des expérimentations formelles radicalement éloignées de ce modèle. Nous affirmons que ces deux régimes se voient conférer des fonctions heuristiques opposées et complémentaires. Cela nous permet d’affirmer que le cas de 2001 montre la nécessité de nuancer la supposée incompatibilité entre estrangement et forme défamiliarisante, car la forme expérimentale (forme défamiliarisante s’il en est) renforce ici la puissance étrangéifiante de ce qu’elle évoque. 2001 témoigne ainsi de l’existence d’une frange de la production science-fictionnelle (notamment cinématographique) que la théorie de l’estrangement prend insuffisamment en compte.

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