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Les avatars du texte en traduction

2018/02/01 by Françoise Wuilmart · 1 voice
Arts and Humanities · #Linguistics and Discourse Analysis #Translation Studies and Practices

paper · pdf · doi:10.7202/1043116ar

openalex publication_date 2018/02/01 · openalex created_date 2018/03/29 · openalex updated_date 2026/07/10

Abstract

Tout lecteur s’approprie le contenu d’un texte qu’il intègre dans sa structure réceptive, constituée par sa personnalité propre et par l’épistémè de son temps. Une alchimie s’instaure entre le texte produit par l’auteur et le texte lu par un individu, entre l’émetteur et le récepteur. In fine , il y aura autant d’avatars d’un texte qu’il y aura de prises de sens. Le lecteur participe donc de l’actualisation d’un texte, comme le souligne Umberto Eco dans Lector in fabula. Cette inévitable multiplicité de lectures s’explique aussi par la polysémie, label de tout grand texte d’auteur. Le texte est rarement le reflet de l’intention première de l’auteur, qui « est écrit » autant qu’il écrit. Par sa plume passe à son insu une foule d’éléments qu’il ne contrôle pas forcément. Or, le traducteur est un lecteur particulier, un lecteur de métier qui se doit, ou se devrait, de privilégier une réception et une recréation polysémiques, faute de quoi sa traduction serait une prise de sens personnelle et donc réductrice. Trois « intentions » de base : l’ intentio auctoris , l’ intentio operis et l’ intentio lectoris tissent donc la trame subtile du « texte final ». Mais, dans le cas du lecteur-traducteur, le troisième paramètre ( intentio lectoris ) est l’écueil majeur à éviter à tout prix.

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