1991/04/01 by Jean-Claude Schmitt, Jean‐Claude Schmitt, Jérôme Baschet
Social Sciences · #Death, Funerary Practices, and Mourning #Diverse Cultural and Historical Studies #Medieval and Early Modern Justice
paper · doi:10.3406/ahess.1991.278949
openalex publication_date 1991/04/01 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/07/02
Emile Mâle déjà avait noté comment, à partir de 1260 environ, les images de l'Enfant Jésus tenu par sa mère laissent progressivement apercevoir les genoux puis les cuisses du bébé. Dès le XIV e siècle, sa nudité complète s'exhibe, soulignée parfois par un attouchement du sexe, accompli généralement soit par l'enfant lui-même, soit par sa mère. Cette ostentatio genitalium a été expliquée par Émile Mâle lui-même et par d'autres comme la marque d'un progrès du « réalisme » ou du « naturalisme » dans l'art du Bas Moyen Age et de la Renaissance, ou encore d'un essor du «sentiment de l'enfance », selon les termes de Philippe Ariès : de plus en plus, les artistes auraient voulu figurer l'Enfant Jésus sous les traits et avec les gestes, même les plus indiscrets, des petits enfants réels.