2023/03/07 by Bruno Penteado
#Biopolitics #Derrida #Reason #Sovereignty #Stupidity #biopolitique #bêtise #raison #souveraineté
paper · doi:10.58048/2263-7664/3694
Cet article propose de lire la question de la biopolitique chez Derrida à travers la problématique de la bêtise, dont Derrida discute longuement dans le Séminaire La bête et le souverain. Pour Derrida, la bêtise, élément tant archaïque que téléologique, est indissociable de la raison, et donc de la question de la souveraineté. Telle la raison calculatrice et rationnelle de la souveraineté, la bêtise consiste à vouloir définir, décider, juger, accuser ; la décision souveraine comporte donc une bêtise constitutive. La critique derridienne de la biopolitique selon Foucault et Agamben porte sur la décision de postuler quand s’achève le modèle juridico-politique et quand commence le biopouvoir. En outre, pour Derrida, la biopolitique en tant que pouvoir de décision sur la vie la mort opère selon la logique de la bêtise, y compris la décision qui décide qui nous considérons comme nos semblables, qui donc est digne d’être sauvé. English abstract This essay approaches biopolitics in Derrida’s thought through the question of stupidity, which he discusses at length in The Beast and the Sovereign. For Derrida, stupidity, an element that is both archaic and teleological at once, in indissociable from reason, and therefore from the problem of sovereignty. Like the calculating and rational reason of sovereignty, stupidity consists in wishing to conclude, to decide, to judge, to accuse; every sovereign decision is determined by a constitutive stupidity. Derrida’s critique of biopolitical thought in Foucault and Agamben focuses on the decision to postulate when the juridico-political model ends and when biopower begins. Furthermore, for Derrida, biopolitics as the power to decide on life death operates according to the logic of stupidity, including deciding whom we consider our semblables and who are thus worthy of being saved