2023/03/07 by Charles Ramond
#Derrida #Foucault #La bête et le souverain #biopolitique
paper · doi:10.58048/2263-7664/3692
Dans le Séminaire La bête et le souverain, Derrida déclare que « la zooanthropolitique, plutôt que la bio-politique », est son « horizon problématique ». Nous montrons que la « biopolitique » concentre tous les paradoxes de Foucault concernant la « nouveauté » dans l’histoire et dans la pensée. Foucault (comme Agamben) est très attaché aux « premières fois », qui viennent faire rupture et constituer de nouvelles « épistémès ». Mais d’un autre côté, l’effort constant de Foucault est de « rendre raison » de ces ruptures et de rétablir une complète logique dans la succession de ces « épistémès ». Derrida n’accorde ni la nouveauté ni la nécessité historiques de la biopolitique. Il s’oppose à cette conception traditionnelle et logocentrique de la philosophie, et du philosophe comme voyant et dominateur. English summary In his Seminar The Beast and the Sovereign, Derrida declares that “Zooanthropolitics, rather than bio-politics”, is his “problematic horizon”. We show that "biopolitics" concentrates all Foucault's paradoxes concerning "novelty" in history and in thought. Foucault (like Agamben) is very attached to the “first times”, which create ruptures and constitute new “epistemes”. But on the other hand, Foucault's constant effort is to "give reason" for these ruptures and to re-establish a complete logic in the succession of these "epistemes". Derrida recognizes neither the historical novelty nor the historical necessity of biopolitics. He opposes this traditional and logocentric conception of philosophy, and of the philosopher as seer and dominator.