2022/01/01 by Éric Graitson, Thomas Duchesne, GRAITSON, Eric +10
Agricultural and Biological Sciences · Environmental Science · #Animal Ecology and Behavior Studies #Botany and Plant Ecology Studies #Forest Insect Ecology and Management
paper · doi:10.48716/bullshf.181-1
openalex publication_date 2022/01/01 · openalex created_date 2024/09/17 · openalex updated_date 2026/07/22
La Vipère péliade (Vipera berus) étant une espèce en forte régression en Europe, ses populations relictuelles font l’objet d’efforts de conservation importants dans de nombreux pays. La population des Hautes Fagnes (Belgique), découverte récemment, paraît, quant à elle, en pleine expansion. Son étude constitue une opportunité unique d’appréhender la dynamique d’une population introduite sur une vaste zone. Pour établir la répartition de cette espèce discrète sur ce vaste site tourbeux, nous avons utilisé une technique de modélisation de l’occupation de sites afin de déterminer la probabilité d’utilisation de 52 stations réparties sur près de 5 000 ha. L’effectif a quant à lui été estimé au sein de six zones échantillons étudiées par capture-recapture. Il a ensuite été extrapolé en quantifiant la surface d’habitats favorables sur le périmètre actuellement occupé. Les résultats indiquent que la zone d’occupation principale couvre actuellement un peu plus de 800 ha dont environ 450 sont favorables à la reproduction de l’espèce. Les densités sont élevées, atteignant entre six et 14 individus par hectare selon les stations. L’effectif est estimé entre 3 000 et 6 000 individus. Nos résultats suggèrent que moins de 10% des zones potentiellement favorables à l’espèce au sein de la réserve naturelle sont actuellement occupées. La population pourrait donc abriter à terme plusieurs dizaines de milliers d’individus. Nos résultats montrent également que la probabilité d’utilisation des stations est négativement influencée par la couverture arborée, et ce même lorsque cette dernière est peu présente, démontrant ainsi l’importance du maintien du caractère non arboré des landes pour la reproduction de la Vipère péliade. De plus, la probabilité d’utilisation des stations est positivement corrélée à l’abondance d’éricacées (Calluna vulgaris, Erica tetralix, Vaccinium myrtillus et V. uliginosum), de sphaignes (Sphagnum sp.) et de polytrics (Polytrichum sp.) et négativement corrélée au recouvrement en molinie (Molinia caerulea). De ce fait, la Vipère péliade peut être considérée comme un bon indicateur de l’état de conservation des landes.