2025/03/26 by François MBARGA
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.60632/ziglobitha.n013.19.vol.3.2025
Résumé : Le français, comme toute autre langue, n’est pas un code de communication inopérant, neutre. Il constitue, en actualisation contextuelle, un instrument d’expression et de signification du monde et des réalités qu’il subsume. Cette réflexion met donc en évidence les influences du vécu expérientiel sur la modélisation de la poétique littéraire. Elle présente quelques singularités langagières figurant dans les romans camerounais identifiés (en titre). À travers ces procédés langagiers se matérialisent, discursivement, des représentations de la condition féminine telles qu’observées dans des univers géographiques africains. Ces particularités linguistiques qui irriguent des espaces discursifs de la littérature féminine de l’Afrique francophone sont consubstantiels aux facteurs externes, cristallisant des statuts et regards dont fait objet la femme. L’écriture littéraire des écrivaines, émaillée d’un français édulcoré, parait subversive. Ce qui entrave souvent l’intelligibilité suffisante du contenu notionnel des hétérogénéités du français dont elle se sert. Lequel français, constamment en contact avec les langues et cultures des environnements où il se déploie, constitue alors non seulement un outil communicationnel mais aussi de contestation contre des coercitions sociales, orchestrées par la dominance masculine. L’écriture, dans C’est le soleil qui m’a brûlée de Calixthe Beyala et Tchiza : une braguette de trop ouverte ! de Liliane Fokoua, supports corputiels auxquels s’applique cette cogitation, charrient et trahissent les subjectivités / visions du monde de ces auteures. Cela étant, cette étude s’intéresse à la portée de la poétique de l’imaginaire littéraire s’instituant telle la reconstruction de la déconstruction permanente de l’image de la femme. En s’appuyant sur l’approche guillaumienne, elle examine quelques mécanismes langagiers spécifiques, qui s’écartent peu ou prou de l’usage normatif de la langue de Molière. Cela, dans l’optique de déterminer l’ontogénèse ou l’être fondamental de la variabilité desdits mécanismes, et surtout leur significativité à l’aune de la phallocratie et des perceptions émergentes, endiguant l’affirmation de l’identité féminine. Mots-clés : Poétique littéraire – français- subjectivité- reconstruction- identité féminine