2025/02/17 by Mantovani, Dario
paper · doi:10.13135/2532-5353/11646
Inu. offre un témoignage précoce sur le travail et le rôle des juristes romains, pour une période pour laquelle d’autres sources d’information font presque totalement défaut. L’intérêt de ce témoignage est accru par le fait que, s’agissant d’un traité de rhétorique, les juristes y sont envisagés sous l’angle d’une technique autre et dans le cadre d’une dialectique qui trouve son point de convergence dans les procès. L’article examine donc inu. sous deux perspectives : d’une part comme source d’information et, d’autre part, comme un texte porteur d’un point de vue sur le rapport entre rhétorique et jurisprudence. À ce dernier égard, il en résulte que les orateurs soumettaient les réponses des juristes au crible de l’argumentation rhétorique. Cette argumentation pouvait porter aussi bien sur le contenu que sur l’autorité des juristes en général. On discerne en outre dans inu. le prélude du projet d’organiser ad artem le ius ciuile, en le réduisant à un nombre limité de principes facilement assimilables, comme cela s’était déjà produit pour de nombreuses autres disciplines : un projet que Cicéron explicitera dans de orat. et qu’il mènera en partie à terme.