2021/12/14 by Kahn , David
paper · doi:10.21409/c4_1
À la lecture des sources inquisitoriales du premier tiers du XVIe siècle, le processus d’objectivation théologique des innovations doctrinales s’avère complexe, sur fond de rébellion luthérienne, et les contraintes juridiques s’imposant aux magistrats sont tangibles. Entre 1517 – date de clôture du concile du Latran V – et 1530 – convocation de la Diète d’Augsbourg – les contours de l’orthodoxie font l’objet de dissentiment. À défaut de canons applicables, c’est graduellement que l’Inquisition façonne une jurisprudence lui permettant d’appréhender les éléments constitutifs des nouvelles hérésies. En l’absence de consensus en matière de foi, le Saint-Office surveille la réception en Espagne de la controverse religieuse et en évalue les répercussions. À travers le contrôle des prédicateurs, il entend maintenir l’uniformité doctrinale. À Tolède, en engageant des poursuites contre les alumbrados, le tribunal s’attache à déterminer les caractères de la genèse de l’hérésie en Espagne.