2025/03/02 by Nicole NANA NGUEGONG
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.n015.vol.4.11.2025
Résumé : La présente réflexion questionne la manière dont la littérature féminine francophone participe à l’internationalisation des luttes féministes à travers l’étude de Moi, Nojoud, 10 ans, divorcée. Le récit de l’héroïne-narratrice, fillette yéménite contrainte au mariage forcé et précoce, est fortement ancré dans une dynamique de dénonciation des violences systémiques faites aux femmes. Le problème soulevé est celui du pouvoir de la littérature à sensibiliser et mobiliser un public transnational face aux oppressions patriarcales. L’examen repose sur une double approche, notamment l’analyse du discours qui porte sur les stratégies narratives et les effets de persuasion, et l’approche genre, compte tenu de l’état d’oppression de l’être féminin en tant que minorité et cadet social dans le récit. Soutenue par la sociocritique, l’étude met en évidence la polyphonie du texte, où la voix de Nojoud, mêlée à celles d’autres femmes opprimées, participent à l’élargissement du cadre du témoignage individuel vers une dénonciation collective. Il ressort de cette étude que le succès international de l’ouvrage repose sur une articulation entre narration immersive et dimension universelle des violences conjugales, soutenue par la médiatisation de l’histoire de son divorce. La réception francophone du texte témoigne par ailleurs des tensions entre engagement féministe et risque de récupération néocoloniale. L’étude ouvre des perspectives sur le rôle de la littérature dans la lutte contre les injustices de genre et interroge la portée éthique des récits féministes transnationaux. Mots-clés : Littérature féminine francophone, Mariage forcé, Violences patriarcales, Féminisme transnational, Réception et médiatisation