2024/07/25 by Cartry, Dinia, Avoscan, Laure, Bonnotte, Aline +6
#Confocal microscopy #Electron microscopy #Fungal pathogens #Germination #Haustorium #Microscopie confocale #Microscopie électronique #Pathogènes fongiques
paper · doi:10.25830/afh.rfh.2024.36.1.133
Phelipanche ramosa (L.) Pomel, l’orobanche rameuse du colza d’hiver Brassica napus L., est une plante adventice parasite qui a besoin d’une plante hôte pour se développer. Le mode de vie parasite nécessite une relation étroite avec la plante hôte dès les premiers stades de développement. Cette plante parasite entraîne des pertes importantes de rendement dans les cultures de colza en France depuis une trentaine d’années. Les techniques de cryo-microscopie électronique à balayage (cryo-MEB), de microscopie électronique à transmission (MET) et de microscopie confocale à balayage laser (MCBL) ont été utilisées pour tenter d’apprécier en quoi, la colonisation de la plante parasite par une souche fongique pathogène affectait l’intégrité des tissus de cette plante. Nos observations révèlent un tégument de la graine du parasite particulièrement réticulé, composé de volumineuses cellules déshydratées formant un ensemble d’alvéoles irrégulières. Les parois externes de ces cellules sont effondrées et s’accolent aux parois internes qui s’amincissent pour former de nombreuses ponctuations. Si l’auto-fluorescence orange révèle le tégument au MCBL, l’auto-fluorescence verte permet de visualiser les débris du sol à la surface de la paroi externe ainsi que la présence de l’albumen et de l’embryon sous le tégument de la graine. L’interaction de la graine avec la souche de Fusarium entraine des modifications structurales mises en évidence par les observations en cryo- MEB. Il s’agit notamment de réticulations plus marquées, de ponctuations plus nombreuses et d’un affaissement des tissus de la graine. Ces observations révèlent également des filaments mycéliens traversant le tégument et traduisant le développement de la souche fongique. En MET, la pathogénicité de la souche fongique est observable par un écrasement et des contours moins nets des tissus du jeune tubercule P. ramosa. Dans le tégument ainsi que dans les cellules périphériques de l’albumen de la graine, un grand nombre de spores de champignons est retrouvé tandis que du matériel fongique remplit le xylème de P. ramosa ainsi que les espaces intercellulaires des tissus de l’haustorium. Enfin, les grains d’amidon initialement présents dans les tissus de P. ramosa sont moins nombreux et détériorés, probablement exploités par la souche fongique. Les résultats obtenus indiquent que l’approche suivie permet d’appréhender finement et au niveau cytologique, les mécanismes de l’interaction champignon pathogène-plante parasite. Ils valident également la pertinence de l’analyse par imagerie multi-échelles de cette interaction pour acquérir les connaissances nécessaires et envisager le biocontrôle de la plante parasite P. ramosa par des champignons pathogènes d’origine tellurique.