2022/01/11 by BA, Ousseynou
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.n5v1.28.22
C’est en réaction aux différentes démarches de la communication descendante qui, souvent sapent les connaissances, les croyances et les systèmes sociaux indigènes, que sont nées les démarches participatives. Celles-ci veulent faire participer activement les populations visées par le développement à l'élaboration du processus. En Afrique, cette communication a tendance à recourir aux médias traditionnels notamment au théâtre populaire qui se révèle être un outil d’enquête participative efficace non seulement de par sa capacité à mener une médiation humaine mais également par le fait qu’il s’appuie sur une forme d’expression artistique inédite. C’est sans doute ce qu’a compris l’Organisation Non Gouvernementale Voipastorales dans son projet intitulé « débattre des trajectoires des sociétés pastorales » en sollicitant la compagnie de théâtre-forum Kaddu Yaraax. Dans cet article, il est ainsi question de montrer en quoi ce type de théâtre particulier, en se muant en un outil de communication sociale, est capable de faire émerger des connaissances utiles pour la communauté, en s’appuyant sur l’expertise de chercheurs, mais surtout sur le savoir expérientiel des membres, dans un premier temps ; développer des compétences et une conscience critique chez les enquêtés-chercheurs afin de renforcer leur pouvoir d’action, dans un second temps. En effet, cet article vise précisément à démontrer en quoi la mise à contribution subtile des ressources traditionnelles locales telles que la langue du milieu, la danse, le chant, le costume mais surtout le caractère inclusif de ce théâtre permettent de considérer celui-ci comme une méthode qui souhaite former un savoir qui ne se construise pas sur des populations mais plutôt avec elles. Ce qui fait croire que les projets de recherche gagneraient sous certaines conditions à intégrer une dimension participative pour un enrichissement considérable des connaissances scientifiques.