2020/02/21 by Mori, Miki
paper · doi:10.26171/carnets-oi_0107
Mayotte est un nouveau département français, qui met en avant la langue française pour son intégration dans la République et pour la réussite scolaire de ses jeunes. L’enjeu linguistique est de savoir comment cette île, en pleine (re)création identitaire, pourrait préserver ses deux langues autochtones (le shimaore et le kibushi) et promouvoir le français. Il est fondamental de comprendre les attitudes des acteurs principaux de l’île, tels que les étudiants de premier cycle du CUFR de Mayotte, car ils sont les futurs enseignants, commerçants, et élus. Pour comprendre leurs perceptions des langues, j’ai effectué des questionnaires (211 réponses) et des entretiens (11 auprès d’étudiants ayant participé à l’enquête). Les résultats montrent une différence significative des perceptions de la langue française et des langues maternelles confondues. Les participants pensent que les trois langues sont importantes, mais que la forme écrite de leur langue maternelle a moins de valeur que la forme parlée, alors que pour le français les deux ont le même mérite. Ces résultats suggèrent que le rôle du shimaore et du kibushi écrit n’est pas bien défini. Les résultats qualitatifs confirment des opinions variées vers les formes écrites du kibushi et du shimaore et sur le rôle de l’éducation nationale dans la préservation de ces langues. Les résultats sont comparés aux situations similaires dans les îles francophones de l’océan Indien.