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Trente ans de démocratie au Brésil : une brève histoire de la Nouvelle République (Les Études du CERI, n° 217-218)

2024/04/29 by Loiola de Menezes, Marilde
#FOS: Political science

paper · doi:10.25647/etudesduceri.217-218.09

Abstract

Dans les années 1980, la vie nationale brésilienne a connu de grandes transformations. Marqué par l’épuisement du modèle économique de la période militaire (1964-1985), le pays se réorganise dans la perspective d’un retour à la démocratie. Le slogan des militaires « distension lente, graduelle du régime » est battu en brèche par celui des manifestants qui réclament, dans de gigantesques cortèges, des « [élections] directes tout de suite » (« Diretas já ! »). Ce slogan exprime autant un ras-le-bol du régime d’exception imposé par les militaires qu’une volonté véritablement nationale d’un retour à l’Etat de droit : liberté d’expression et d’association, élections directes et amnistie pour les prisonniers politiques. Une telle unanimité en faveur du retour à l’Etat de droit trouve son expression dans la Constitution citoyenne de 1988. Cette dernière a le mérite de rassembler divers secteurs importants de la vie politique du pays – associations, communauté académique et mouvements sociaux – et de consacrer d’importantes avancées en matière de libertés individuelles, de droits civiques et de droit à la participation et au contrôle des actions de l’Etat. Une autre revendication majeure, d’ordre économique et social, émane surtout des secteurs les plus à gauche et porte sur une distribution plus équitable des richesses, un système fiscal susceptible de réduire les inégalités entre le Nord et le Sud du pays, un système éducatif garantissant un enseignement public de qualité, un accès moins restrictif aux universités publiques et un système de santé capable de fournir des soins aux populations les plus défavorisées. Enfin, la population réclame plus de transparence dans la vie politique afin de lutter contre la corruption. Le discours de prise de fonction du président de la dite « Nouvelle république », en 1985, évoque la liberté, la justice, la souveraineté et l’indépendance du pays. Les présidents qui suivent tentent eux aussi de faire de l’éducation, de la justice et de la lutte contre les inégalités des priorités de leur mandat. Trente ans après la transition, comment apprécier les changements opérés à cette époque ? Quel est le bilan pour la société brésilienne de trente ans ininterrompus de démocratie ?

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