2021/08/27 by Lavergne, Lucie
paper · doi:10.26171/tropics_0810
Étudier l’écriture poétique de Txus García sous l’angle des notions de « femmes » et de « conflits » invite à s’intéresser non seulement aux conflits dans lesquels s’engage une femme poète, au XXIe siècle, en Espagne, mais aussi à interroger la dimension conflictuelle du terme « femme », pour celle qui se définit, surtout, comme « lesbienne », « queer », ou même comme « animale » ! Incontestablement, par cette autodéfinition, la locutrice du recueil Poesía para niñas bien (2011) se déclare (en guerre) contre les normes patriarcales. Aussi, nous rapprocherons, dans un premier temps, la combativité de sa poésie du genre épique, mais elle constitue aussi, dans sa formulation même, un renversement des conventions du canon littéraire. S’en suit, également, la réinvention du langage dont les normes rigides, représentatives d’une société patriarcale, sont déjouées par de nombreux doubles sens et traits d’ironie. L’humour et la parodie apparaissent comme des stratégies langagières queer d’analyse et de renversement des discours dominants.