2025/01/07 by Ondo, Marina Myriam
paper · doi:10.21246/gralifah21n1vol1jan2025
Dans la masse et les milieux à dominante religieuse, ou au traditionalisme ultra conservateur, la politique n’a pas souvent bonne presse. Les préjugés l’assimilent à tort, d’un côté, à un « club de sorcellerie » où ceux qui émergent se nourrissent des énergies des autres pour préserver leurs privilèges ; et de l’autre, à une affaire des ordres ésotériques dans lesquels le simple ne peut émerger sans y faire allégeance et se compromettre. Ces clichés et lectures, relatifs à tout le moins, condamnent cependant le citoyen apolitique à trois situations au demeurant regrettables. Car, non seulement elles le soumettent, pour ainsi dire, à une distanciation extrêmement méfiante vis-à-vis des politiques, elles le mettent aussi carrément en demeure de s’abstenir complètement de se mêler de la politique et des sujets la concernant. Et incapables de lui fournir d’alternative, elles le plongent in fine dans un paradoxe qui le porte à critiquer, en croyant le faire à bon droit, les défauts et les échecs de la politique menée contre laquelle il s’est volontairement rendu apolitique. Or, c’est proprement faire fausse route, que de juger la politique à partir d’une grille d’intelligibilité basée essentiellement sur la doxa et l’apolitisme. En partant donc du problème du bien-fondé de la citoyenneté qu’il pointe à juste titre, cet article qui s’efforce ainsi de lever le voile d’ignorance, s’emploie alors à démontrer que s’abstenir de se mêler de la politique, condamne, non seulement à en subir les décisions de gouvernance, mais aussi à sombrer dans la citoyenneté inutile.