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Illectronisme et formation au numérique : une acculturation a priori indicible ?

2026/01/01 by Guillaume Jarousseau

paper · doi:10.4000/16ez1

published in Terminal 142 (OpenEdition)

crossref issued 2026/01/01 · crossref published 2026/01/01 · crossref published-print 2026/01/01 · crossref created 2026/06/16 · crossref deposited 2026/08/06 · crossref indexed 2026/08/06

Abstract

L’acculturation au numérique pour les publics en situation d’illectronisme révèle des défis complexes liés à l’appropriation d’outils conçus pour des milieux favorisés. Ces publics, souvent issus de milieux modestes, peu diplômés et éloignés des pratiques numériques (Pasquier, 2022), rencontrent des obstacles linguistiques, sociaux et techniques (Lahire, 1994 ; Beaudouin, 2002) qui rendent leur progression difficile à verbaliser (Granjon, 2022), donc a priori indicible. Ce manque de verbalisation, marqué par un déficit de vocabulaire, d’autoréflexivité et une anxiété numérique, illustre les freins à leur apprentissage. Cet article montre comment ces apprenants développent des formes de bricolage (Certeau, 1990), telles que des gestes, des échanges informels, des récits collectifs ou des prises de notes personnelles, qui compensent l’indicible et témoignent de leur capacité d’adaptation. En parallèle, les formateurs jouent un rôle clé, mobilisant des pédagogies analogiques et des références familières pour démystifier le numérique et réduire l’appréhension des apprenants. Ces ajustements pédagogiques, improvisés et contextuels, constituent également des formes de bricolage. Ensemble, ces dynamiques participent à transformer une acculturation a priori indicible en un processus interactif et collectif, où apprenants et formateurs collaborent pour construire une compréhension partagée des compétences numériques.

Citations