2022/05/05 by Lazreg, Nordin
#FOS: Political science
paper · doi:10.25647/etudesduceri.233-234.06
Depuis le début de l’année 2017, le bruit courait que le président Jimmy Morales envisageait de réclamer le départ du chef de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG), le Colombien Iván Velásquez. En place depuis 2013, ce dernier est parvenu à redynamiser une Commission quelque peu moribonde. Sous sa direction, l’institution, mise en place par l’Organisation des nations unies en 2007 à la demande du gouvernement guatémaltèque, a gagné à la fois en légitimité et en efficacité, notamment grâce à l’appui du ministère public (MP) en qui elle a trouvé un allié de poids dans la lutte contre la corruption. La rumeur s’est intensifiée au cours de l’été, au point que le mouvement #JusticiaYa1 a redonné de la voix en soutien à la CICIG, et que la procureure générale Thelma Aldana a menacé de démissionner si Velásquez était démis de ses fonctions. Des représentants du Congrès américain ont même brandi la menace de sanctions économiques contre le Guatemala. Face aux pressions, des membres de l’exécutif ont démenti la rumeur le 23 août. Malgré tout, quatre jours plus tard, le président Morales annonçait sur son compte Twitter qu’il déclarait le commissaire Velásquez persona non grata, l’accusant d’outrepasser le mandat de la Commission et de s’immiscer dans les affaires internes du pays2. Cette décision controversée faisait suite à la demande de levée de son immunité présidentielle, déposée deux jours plus tôt par Velásquez et Aldana auprès de la Cour suprême de justice (CSJ).