2010/09/01 by Vjeran Pavlaković · 1 citation
Social Sciences · Psychology · #Balkans: History, Politics, Society #Memory, Trauma, and Commemoration #Humanities #Political science #Art #Ethnology #Sociology
paper · pdf · doi:10.3917/eufor.357.0125
openalex publication_date 2010/09/01 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/08/05
Résumé Contrairement au reste de l’Europe orientale après 1989, la transition post-communiste de la Croatie et des autres anciennes républiques yougoslaves s’est accompagnée d’un conflit ethnique violent et de la désintégration de l’État commun. L’effondrement du pouvoir communiste signifia la disparition du monopole sur l’Histoire, et fit émerger des narrations plurielles en supprimant les mémoires collectives, en particulier en ce qui concerne la seconde guerre mondiale et la répression communiste qui la suivit. En Croatie, ceci s’exprima principalement par la réhabilitation du régime oustachi, politisée par la droite radicale et essentiellement tolérée par le gouvernement. En 1989 et 1990, la société croate eut pour la première fois la possibilité de parler librement des morts du camp qui avait perdu la guerre et de les commémorer, alors que cela avait été auparavant un sujet tabou dans la Yougoslavie titiste. La droite radicale chercha à s’attirer des soutiens en associant les victimes du communisme avec les nouvelles victimes de la guerre contre la Serbie de Milosevic et les Serbes locaux rebellés et contre l’État croate. Ces forces politiques soutenaient une identité croate basée sur la victimisation. Les commémorations dans les lieux de mémoire, comme à Bleiburg, constituaient des rituels publics avec des objectifs politiques spécifiques. Ces commémorations continuent à jouer le rôle de plate-forme pour les nationalistes, et les rituels du souvenir des victimes communistes constituent une stratégie politique qui estompe la distance entre le passé et les plus récents souvenirs et histoires de la guerre d’indépendance de la Croatie (1991-1995). Cet article étudie les changements de signification et l’instrumentalisation de la commémoration de Bleiburg de 1990 à 2009.