2015/01/01 by Robert Neiss, François Berthelot, Jean-Marc Doyen +1 · 1 citation
Arts and Humanities · Agricultural and Biological Sciences · #Medieval Architecture and Archaeology #Water management and technologies #Art
paper · doi:10.4000/gallia.1485
openalex publication_date 2015/01/01 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/07/28
Longtemps Reims n’était entré dans l’histoire qu’avec César et la guerre des Gaules. Il est vrai que, malgré une mythologie ancienne revendiquant une origine au moins aussi lointaine que celle de Rome, les témoignages archéologiques antérieurs étaient peu consistants mais surtout ignorés. L’archéologie préventive a progressivement accumulé des données attestant une occupation pouvant remonter au moins au iie s. av. J.-C. Le recensement des découvertes anciennes permet même d’imaginer des origines plus lointaines et de distinguer une évolution par grandes étapes successives qui ont abouti à la ville augustéenne et qui se matérialisent dans des interventions concrètes sur la forme urbaine. Des documents remontant à La Tène ancienne associent la naissance du site de Reims à celui de l’organisation du territoire des Rèmes. Un vaste espace, voué à une fonction indéfinie, a pu se développer très tôt sous l’égide d’un sanctuaire surplombant le site. Au iie s. av. J.-C., les occupations se multiplient au centre de la cuvette formant l’assiette de la future ville. Vers la fin de l’Indépendance, un oppidum circonscrit précisément les limites de l’agglomération qui connut un rapide développement au lendemain de la Conquête. Puis l’accession de la ville au statut de capitale de province coïncide avec une entreprise de refondation ambitieuse qui dessine une agglomération d’environ 500 ha, entourée d’une enceinte gigantesque dont le tracé semble rappeler l’ancienneté de la fondation du site, et illustre, par la même occasion, une continuité remarquable de l’implantation foncière et des tracés directeurs.