1975/01/01 by S. Enders Wimbush, Ronald Wixman · 3 citations
Social Sciences · #Soviet and Russian History #Historical Geopolitical and Social Dynamics #Jewish and Middle Eastern Studies #Humanities #Art #Soviet union #Ethnology #Political science #History #Politics #Law
paper · doi:10.1080/00085006.1975.11091412
openalex publication_date 1975/01/01 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/07/29
/AbstractDéportés en Asie centrale par décret soviétique vers la fin de 1944, nombre de groupes ethniques divers (turcs Meskhi, Karakapapakhs, Turkmen, Kurdes et Khemshin) originaires de la région de Meskhetia en Géorgie méridionale, à un certain moment de leur exil forcé, se groupèrent pour former une nation; ils se donnèrent le nom de Mesk-hètes et formulèrent des demandes politiques d’ensemble basées sur leur auto-identification en tant que peuple. Malgré l’existence de nombre de différences ethniques importantes, ils se sentaient unis par le lien commun du “turluk,” une sorte de communauté d’esprit.La déportation des Turcs de Meskhetia n’était pas conforme au modèle généralement suivi en Union Soviétique durant la guerre lors de la déportation de groupes nationaux entiers. Les auteurs pensent que des malfonctions bureaucratiques peuvent expliquer les différences: 1 ) contrairement aux autres nationalités déportées, les Meskhètes n’ont jamais été officiellement accusés de collaboration avec les allemands et par suite n’entraient pas dans la catégorie des “traîtés,” et 2) à l’époque de leur déportation, les groupes ethniques distincts qui étaient en cause ne s’étaient pas groupés en nation et de ce fait n’entraient pas dans la catégorie de “nationalité déportée.” De sorte que lorsque d’autres groupes déportés furent pardonnés et, dans certains cas, rapatriés, les Meskhètes ne furent jamais ni pardonnés, ni rapatriés, probablement parce qu’ils n’avaient jamais été officiellement accusés.Essayant d’établir les raisons possibles de leur déportation, les auteurs suggèrent que la prise de cette décision avait été sans doute fortement influencée par la haine traditionnelle des arméniens pour les peuples de culture turque. Par une série de rapprochements, ils montrent comment le mouvement national meskhète a été influencé durant sa brève histoire par d’autres groupes nationaux soviétiques plus importants. Ils en arrivent à la conclusion que le mouvement meskhète ajoute une nouvelle dimension à la dissidence musulmane en Asie centrale soviétique et qu’il peut servir de baromètre pour mesurer la possibilité de nouvelles alliances ethniques parmi les musulmans soviétiques.