2019/12/09 by Jean‐François Laniel, Joseph Yvon Thériault · 2 citations
Social Sciences · #Canadian Identity and History #French Urban and Social Studies #Humanities #Philosophy #Political science #Social Sciences and Governance
paper · pdf · doi:10.7202/1066261ar
published in Mens Revue d histoire intellectuelle et culturelle 18(2), 67-107
openalex publication_date 2019/12/09 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/08/05
La Grande Noirceur est fille de la Révolution tranquille. Pour affirmer la victoire de la modernité, les nouvelles élites québécoises noircirent exagérément le moment qu’elles venaient de quitter. Les historiens dits révisionnistes sonnèrent l’alarme : le passé québécois aurait été de tout temps « normal ». C’est à cette lecture qu’une nouvelle génération d’intellectuels, dite de la « nouvelle sensibilité », ou communautarienne-républicaine, réagira. Elle tentera de réhabiliter la singularité d’un passé québécois sans réhabiliter la Grande Noirceur. C’est un bilan à la fois théorique et politique des communautariens-républicains que nous voudrions effectuer ici : un bilan théorique, qui reprendra les principales thèses québécoises contemporaines sur la réhabilitation du passé, et un bilan politique, qui rappellera la difficile articulation entre la singularité québécoise (les valeurs) et son universalisme (la laïcité). Il n’est pas si facile de se débarrasser de la Grande Noirceur sans se débarrasser du passé québécois.