2013/03/08 by Simon D. Levy, Simon Levy · 6 citations
Arts and Humanities · Social Sciences · #African Studies and Geopolitics #Language, Linguistics, Cultural Analysis #Multiculturalism, Politics, Migration, Gender
paper · pdf · doi:10.3917/ls.143.0041
published in Langage et société No 143(1), 41-51 (CAIRN.INFO)
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La population juive du Maroc a 2000 ans. Venus d’ailleurs ou issus de conversions, les juifs du Maroc ont parlé les langues successives du pays. Ils ont assuré des fonctions spécifiques complétant les tâches agricoles effectuées par les tribus amazighes. Les juifs ont toujours parlé les langues de leur environnement l’hébreu restant la langue des textes sacrés, encore que arabe et amazigh aient aussi fourni des textes religieux. Au XX e siècle et avant que le français ne s’impose peu à peu à travers les écoles de l’A.I.U. – qui n’enseignaient pas l’arabe – trois langues étaient pratiquées à l’intérieur de la famille : le berbère dans le haut Atlas, le judéo-espagnol au Nord de Alcazar Quivir, et partout, l’arabe marocain dans des variétés juives locales. Nous en avons étudié et publié une dizaine, celles qui survivaient localement dans les années 1970 à Fès, Meknès, Rabat-Salé (/q/›/’/), Sefrou (/q/et k›/’/), Tafilalet et Draa (/q/›/k/), Marrakech, Essaouira, Safi, Jadida et Azemmour (/q/›/g/). La plus forte communauté juive, celle de Casablanca, n’a pas développé de parler spécifique. Passée de 5000 à 80000 âmes entre les années 1900 et 1950, elle reste aujourd’hui encore la plus importante du pays, avec 20 synagogues en activité et quelques milliers de membres.