2012/12/17 by François Dumont · 1 citation
Decision Sciences · Computer Science · #Meta-analysis and systematic reviews #Cultural Insights and Digital Impacts #Research, Science, and Academia
paper · doi:10.7202/1013334ar
openalex publication_date 2012/12/17 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/08/01
De 1929 à 1939 (et peut-être au-delà), Hector de Saint-Denys Garneau a tenu ce qu’il appelait son « journal ». Le présent article aborde le parcours de Garneau en tentant de caractériser les formes qu’il a expérimentées dans les cahiers qui nous sont parvenus, de l’examen de conscience à la fiction, en passant par la lettre, les méditations sur l’art et le poème. Sont ensuite considérés les rapports qui s’établissent entre ces diverses formes. Il ressort de cet examen que Garneau a progressivement mis en relation le discours réflexif avec les ouvertures qu’offraient la poésie et la fiction : une dynamique se développe entre le bilan et l’esquisse, pour aboutir à une forme d’écriture qui intègre divers aspects du journal, notamment dans « Le mauvais pauvre va parmi vous avec son regard en dessous ». Cette pratique du journal, associant la délibération et l’expérimentation, est atypique dans la littérature québécoise, mais en plaçant les écrits de Garneau dans le contexte de la littérature française, plusieurs parentés apparaissent avec les oeuvres de Michel de Montaigne, de Joseph Joubert, de Paul Valéry et de Philippe Jaccottet, notamment. Ces oeuvres illustrent des dimensions de l’écriture du cahier qui transforment les visées habituelles du journal intime. De ce point de vue, les cahiers de Garneau s’inscrivent dans le « grand contexte » d’une forme erratique et heuristique qui est sans doute plus proche de l’essai tel que l’entendait Montaigne que de ce que le mot « essai » a fini par désigner aujourd’hui.