2019/07/31 by Pierre Courroux · 1 citation
Arts and Humanities · #Historical Studies and Socio-cultural Analysis #European Political History Analysis #Historical Art and Culture Studies
paper · pdf · doi:10.3917/rma.242.0397
openalex publication_date 2019/07/31 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/07/02
Deux des plus grandes baronnies de France, Sully et Craon, furent à la fin du xiv e siècle mises entre les mains d’une héritière convoitée, Marie de Sully. D’abord fiancée au fils aîné du duc de Berry, elle épousa par la suite Guy VI de La Trémoille, favori du duc de Bourgogne. Guy VI fut toutefois capturé à Nicopolis, et mourut en captivité en 1397, et Marie de Sully se remaria à Charles d’Albret, cousin germain du roi de France et futur connétable. Lorsqu’elle mourut en 1410, la coutume donnait aux enfants de son premier mariage, les La Trémoille, la quasi-totalité de l’héritage. Mais la dame de Sully, par des actes répétés et enregistrés devant notaires, les avait expressément déshérités au profit des enfants de son second mariage, les Albret. Cet article se propose de retracer la querelle entre les deux familles, qui dura plus de quarante ans, et se greffa sur des conflits extérieurs : guerre civile entre Albret-Armagnacs et La Trémoille-Bourguignons, puis querelle entre le favori de Charles VII, Georges de La Trémoille, et le sire d’Albret, partisan du connétable de Richemont. À travers ces péripéties se pose la question de la possibilité ou non pour une grande dame de contrevenir à la coutume pour disposer librement de ses biens.