2015/01/01 by Fanny Gallot, Ève Meuret-Campfort · 1 voice
Arts and Humanities · Social Sciences · #Education, sociology, and vocational training #French Historical and Cultural Studies #French Urban and Social Studies #Historical Studies and Socio-cultural Analysis
paper · doi:10.3917/pox.109.0021
openalex publication_date 2015/07/02 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/06/11
À partir du cas des ouvrières de l’usine Chantelle de Saint-Herblain, cet article revient sur la manière dont des femmes syndicalistes d’entreprise – CGT et CFDT – envisagent le féminisme en théorie et en pratique. Tandis que les deux confédérations marquent leurs distances vis-à-vis du féminisme qui se massifie alors, des militantes d’extrême gauche établies en importent les idées et les pratiques à l’usine. Alors même que la plupart des ouvrières en rejettent l’appellation, notamment pour marquer leur appartenance à la classe ouvrière, dans le quotidien de l’usine les ouvrières échangent sur leurs vies privées, faisant de ces moments de travail des moments d’entraide et d’échange. Lors des grèves, elles mettent en avant leur dignité d’ouvrières de Chantelle, tout autant travailleuses que femmes, contre des discours stigmatisants, et conquièrent par l’action une nouvelle identité, individuelle et collective, associée à la lutte et à l’insoumission. L’article analyse ainsi le déploiement d’une agency parmi les ouvrières, c’est-à-dire d’une capacité à s’arranger avec les normes de genre qui pèsent sur elles, notamment leur assignation au travail domestique.