2026/01/01 by Cyrielle Mathias, Delphine Capron, Céline Coussot +2
Earth and Planetary Sciences · Social Sciences · #Geology and Paleoclimatology Research #Pleistocene-Era Hominins and Archaeology
paper · doi:10.4000/15uiu
crossref issued 2026/01/01 · crossref published 2026/01/01 · crossref published-print 2026/01/01 · openalex publication_date 2026/01/01 · crossref created 2026/03/10 · openalex created_date 2026/03/13 · openalex updated_date 2026/07/02 · crossref deposited 2026/07/29 · crossref indexed 2026/07/29
Les occurrences préhistoriques en région Centre-Val de Loire sont encore rares. Dans ce contexte, la fouille préventive du site archéologique de plein-air de l’Enclos (Mainvilliers) permet de documenter une ou plusieurs occupations du Paléolithique moyen. L’étude géologique du site a montré que les artefacts lithiques ont été conservés dans la partie amont du remplissage d’un paléovallon au sein de colluvions de sédiments fortement marqués par des cryoturbations. La nappe de vestiges est très peu dense et positionnée au sommet d’un horizon de paléosols qui se sont succédé entre les stades isotopiques 10 et 3. Les 460 artefacts en silex de l’assemblage lithique témoignent d’une histoire taphonomique complexe depuis leur abandon, leur enfouissement et une remobilisation post-dépositionnelle dont témoignent de fréquentes altérations de surface, de matière et de tranchant. Par ailleurs, il s’avère que la fraction lithique fine est déficitaire, indiquant l’absence de conservation de zone préférentielle d’activités de production ou de transformation aux dépens du silex local. L’industrie lithique, montrant la coexistence de conceptions de débitage d’éclats variées – Levallois, Laminaire volumétrique et potentiellement Discoïde – entre pleinement dans la variabilité des techno-complexes régionaux décrits pour le Paléolithique moyen. L’outillage sur éclat est peu standardisé et comprend quelques racloirs et des bifaces entiers ou fracturés. En raison de l’altération de surface et des tranchants de la plupart des outils, seuls deux bifaces, un nucléus et un éclat ont montré des traces d’utilisation identifiables : comme briquet pour l’un des bifaces et comme percuteurs pour les trois autres pièces. La comparaison techno-économique de l’assemblage de l’Enclos avec un corpus expérimental et deux autres séries lithiques récemment découvertes, Coulvreux (Eure et Loir) et Radray (Loiret), suggère un remaniement de vestiges lithiques issus d’un site de statut mixte de production et de consommation d’outils sur éclats sur silex local. L’apport d’outils bifaciaux mobiles sur un silex non déterminé serait également attesté. La composition dimensionnelle de la série, la quasi-absence de remontage, la faible densité du niveau et sa forte dilatation vont à l’encontre de l’unicité et la synchronie des interventions humaines qui en sont à l’origine. Deux des dates obtenues par thermoluminescence situeraient les occupations ou passages de Néandertaliens à l’Enclos dans une large fourchette chronologique entre 57 940 ans et 42 820 ans avant le présent, soit au début du stade isotopique 3. Aucune autre précision ne peut être apportée quant à la nature, le statut et la spécificité du site archéologique de l’Enclos à Mainvilliers. Son grand intérêt réside en ce qu’il nous informe sur des indices probants et encore inédits d’occupations humaines néandertaliennes sur le plateau à l’ouest de Chartres au cours d’une phase tardive du Paléolithique moyen. La fouille du gisement a permis de surcroît de préciser le contexte géomorphologique et le cadre chronostratigraphique dans lesquels il s’inscrit depuis près de 350 000 ans.