2024/02/07 by Bammoy NABE & Kambiba KOMBATE
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.n011v1.33.2024
Résumé : Le contexte du développement durable et de l’éducation relative à l’environnement intègre une revalorisation pratique et épistémologique des savoirs endogènes ou locaux (R. Moussavou, 2013, p. 141). Il est évident que ce sont les interventions extérieures au monde rural qui ont conduit les paysans togolais à adopter l’utilisation des engrais chimiques dans le cadre des politiques dites de modernisation de l’agriculture togolaise qui se sont révélées catastrophiques pour l’environnement et la santé. La présente étude interroge les savoirs des paysans du Nord-Togo en matière d’agriculture familiale dévoyés par les politiques modernistes des différentes interventions en milieu rural d’abord des administrations coloniales allemande et française, de l’État togolais ou d’autres acteurs mais qui se révèlent être en adéquation avec l’agriculture durable (développement durable) souhaitée aujourd’hui. En s’appuyant sur un corpus documentaire diversifié, l’étude évalue certains foyers d’innovations empiriques des pratiques agricoles adaptées aux contextes locaux respectifs. Il en découle que face à l’impasse des politiques agricoles de marché, les alternatives proposées aujourd’hui en matière d’agriculture durable (agroécologie, agroforesterie) et biologique (sans usages des intrants chimiques et de modification des gènes des plantes cultivées) retrouvent les savoirs endogènes des producteurs du Nord du Togo. L’agriculture familiale qualifiée depuis la période coloniale de traditionnelle et inadaptée au marché n’est-il pas bien au cœur du développement humain durable ? La prise en compte des savoirs des paysans dans les politiques de modernisation de l’agriculture au Togo n’a pas toujours été une réalité, paradoxalement. Tout ce qui vient de l’extérieur des communautés rurales n’est pas forcément moderne. Mots-clés : savoirs endogènes, agriculture familiale, nord Togo, pays kabiyè