2021/11/13 by GNESSOTE, Dago Michel, EKRA, Christophe-Richard
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena-s7v2201
Akofena spécial n°7, Vol.2 est le fruit d’un appel à contribution lancé en juillet 2021. Le thème central est une invitation à la réflexion sur les langues maternelles, les littératures et les arts pour faire face aux mutations sociales. Pour une lecture aisée des contributions retenues, trois sections ont été retenues : Linguistique descriptive – alphabétisation – documentation Grammaire linguistique – sémantisme - traductologie Sociolinguistique – didactique – pédagogie Analyse du discours – religion et civilisations Les besoins de capacitation des langues camerounaises pour leur permettre d’assumer les différentes fonctions sociales de prestiges qui leur sont désormais reconnues commandent nécessairement la modernisation de leur terminologie. Pour ce faire, Jean Romain KOUESSO, Juvelos DJOUMENE KUETE & Idriss NGOPOG TEMEJIE abordent la question de la modernisation d’une terminologie particulière, celle des mathématiques de la classe SIL en langue mə̀dʉ̂mbὰ. Abondant dans le même sens, la contribution de Ricardo AKINO TCHIO soulève la question du choix de langue maternelle comme langue nationale en multilinguisme. Si le choix d’une des langues endogène semble préoccupé Ricardo AKINO TCHIO, les objectifs fixés par l’article de Kouassi Arsène Brice KOUASSI & Mangbêh Hanissa FONDIO tente de déterminer les caractéristiques des néo-alphabètes en situation d’illettrisme et situer l’action des néo-alphabètes dans la conservation de leurs acquis. De ce fait, ces chercheurs s’interrogent pourquoi les néo-alphabètes deviennent-ils des illettrés. Dans la perspective de description des langues maternelles, deux contributions s’intéressent à l’aspect morphologique (Kouassi Ange Aristide MOLOU) et syntaxique (Louis Charles Kouadio Kouamé BOHOUSSOU & Boni Carlos Mozer KPAMI). Sous la section grammaire linguistique – sémantisme, traductologie, selon Ahmadou Siendou KONATÉ, les textes littéraires africains sont généralement tributaires de l’oralité et la culture africaines qui font d’eux des sites culturels à considérer pendant leur traduction vers d’autres langues-cultures. Dès lors la traduction de ces textes commande une immersion culturelle adéquate pour tendre vers un transfert de sens fidèle et par conséquent fiable. Au sein de cette section, Moussa Amadou DEH essaie de démontrer l’évolution qu’a subi la forme en [–ant] gérondivale de l’ancien français, en français classique et en français moderne. L’enjeu de sa démonstration est que le gérondif est stéréotypé de l’ancien français, en français classique et en français moderne. Mais, il y a une survivance de forme gérondivale aller + forme en [–ant] dans les trois étapes de l’évolution de grammaire française : de l’ancien français, en français classique et en français moderne. Ainsi, la question qui est posée est comment identifier le gérondif de la forme [–ant]. Bassirou KHOUMA dans « Variation diachronique complexe des formes du présent de l’indicatif du français » tente de rendre compte de l’évolution morphologique du présent de l’indicatif depuis le latin jusqu’au français moderne. Dès lors, sa quête de curiosité pousse ce Chercheur à s’interroger sur les raisons réelles de l’écart morphologique du présent de l’indicatif entre le latin et le français moderne. En effet, il appert que les désinences se sont peu ou prou conservées avec modification de sons, mais de nombreux bouleversements ont été notés au niveau de l’unité des radicaux. Toujours dans le même axe d’étude, Julien K. GBAGUIDI, Hounwénou Hubert DJOGUE & Noé Kpatagnon DOTOU HOUNDOKPA dans « Analyse sémiotique des attraits touristiques du site de la 2ème résistance de Kaba à Kouandé au Bénin » font l’analyse sémiotique des attraits touristiques de ce site. Pour y parvenir, ils soulèvent les questions suivantes : quels sont les éléments significatifs présents sur ce site lui donnant une valeur touristique ? Comment faire pour mettre en valeur ce site ? La section trois compte six (03) contributions. Il s’agit entre autres de La pandémie à Coronavirus (COVID-19) : vers une communication spécifique sanitaire en masa de Dapsia GOY-GOY, Le rôle des activités para-universitaires dans la promotion de la culture entrepreneuriale chez l’étudiant : cas des forums carrières de Mohamed NOU et La notion de paix dans les langues ivoiriennes : une approche sociolinguistique N’cho Jean-Baptiste ATSE. Dans la dernière section est dédiée à l’analyse du discours – religion et civilisations. Au sein de cette section, Angel NGON A BETCHEM s’intéresse alors à la dimension pédagogique des œuvres conservées d’Eschyle au Ve siècle av. J.-C. Eu égard aux limites d’une cité sous le joug d’un monarque ou d’un tyran, il est question d’insister sur les avantages du gouvernement de la majorité. C’est pourquoi présente-t-il l’adoption de la loi comme expression de la volonté des citoyens réunis en assemblée et le principe de la responsabilité des autorités démocratiques. Le chercheur De Lucrèce Scheller Bably BABLY, à travers son article, questionne l’identité culturelle antillaise à l’aune de la pluralité linguistique inscrite au cœur du roman Tambour-Babel d’Ernest Pépin. Par ailleurs, selon Gnankon Christophe-Richard EKRA la société traditionnelle africaine a connu, à travers les siècles, de nombreux avatars. L’influence considérable des religions révélées, la traite et la colonisation ont favorisé la naissance de nouvelles structures sociales et ont bouleversé de nombreuses institutions de la tradition orale africaine. En cette période extrême contemporaine tournée, de plus en plus vers la modernité, la question de la survivance des institutions de la tradition orale se pose avec acuité d’autant plus que ces institutions sont le socle d’un enracinement culturel vivant et le témoignage d’une philosophie dynamique des peuples. L’Abissa des Nzima s’inscrit dans cette perspective. Sa perpétuation ou sa survivance réside essentiellement dans la force et la pertinence de son mythe étiologique, une des riches formes de la littérature orale Nzima, que nous analysons sous l’angle stylistique et sociocritique. Si la contribution prend parti pour la valorisation culturelle à travers l’Abissa, Yao Jérôme KOUASSI voudrait déterminer l’apport des épistémèmes médicaux à la création romanesque d’Henri Lopes. Pour ce faire, il met en œuvre la démarche méthodologique de l’épistémocritique telle qu’exposée par Michel Pierssens son initiateur. Ainsi, à partir de l’analyse des modes d’insertion et de fonctionnement de ces savoirs médicaux dans les textes étudiés, il note que leurs principales fonctions dans ces récits sont d’ordre à la fois, esthétique, poétique et idéologique.