2022/01/31 by Ntahomvukiye
#FOS: Social sciences
paper · doi:10.48728/antipodes.220103
Depuis sa prise de pouvoir en juillet 1994, après avoir arrêté le génocide contre les Tutsis du Rwanda, le Front Patriotique Rwandais a instauré une politique visant à construire une nouvelle identité rwandaise unifiée et inclusive, c’est-à-dire dépassant l’opposition entre Hutu, Tutsi [et Twa]. Dans cette manière réinventée d’être rwandais, la culture, notamment la musique et la danse, est mobilisée comme une ressource permettant d’instiller l’unité, la réconciliation ainsi que le sentiment d’appartenance à une seule et même identité nationale. Mais il apparaît que seules les pratiques de musiques et de danses considérées par le gouvernement rwandais comme faisant partie de l’héritage culturel précolonial peuvent être porteuses de cette nouvelle rwandicité. En mobilisant de manière complémentaire l’approche par la scène et l’approche transnationale, l’objectif de cette recherche en cours est ainsi de montrer que les musiques globales localisées, avec une focale sur le rap, peuvent aussi participer de cet imaginaire national, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur du Rwanda, dans une articulation entre le haut et le bas.