2025/06/08 by Adil El-KEBBAR & Mohammed Amine BELHADDAOUI
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.n016.vol.4.04.2025
Résumé: Le surréalisme comme esthétique et comme vision du monde a pour objectif de libérer l’homme de toutes les contraintes imposées par une société moralement codifiée et largement utilitaire, par le recours à l’inconscient et au merveilleux. Cette libération et cette souveraineté des images a permis à l’homme surréaliste de forger un Idéal singulier de la femme, affranchi des limites de la morale et de la religion. Il crée et suggère une femme hybride, paradoxale, complexe, érotique… et use d’elle comme motif privilégié afin de concrétiser son art et ses prises de positions, principalement athées, voire anti-religieuses. Elle devient pour lui un simple objet parmi les objets du monde qu’il façonne autour de lui afin de faire table rase des impératifs religieux et fonder une éthique nouvelle : celle du dépassement et de la liberté. Toutefois, cette femme intervient, parfois, dans ce monde pour le retransformer, puis le recréer d’après son propre regard, dans le sillage d'une religion réinventée au nom d'un féminin absolu. Ainsi, notre article se propose d'examiner le rapport qu'entretient le surréalisme avec la figure féminine, fondamentalement confuse et équivoque : il s’agira de montrer comment, à l'aune d'une religion vilipendée puis reconstruite, le surréalisme mène avec le féminin une lutte continuelle, oscillant entre deux entités rarement réconciliables, quoique consubstantielles. Mots-clés : Surréalisme, peinture, littérature, féminin, religion.