2023/12/14 by Anonyme, Anonyme
#CIR #conditions de la recherche #entreprise #ethnographie #recherche appliquée
paper · doi:10.48649/pshs.233
Comment une grande entreprise en vient à solliciter une docteure en anthropologie afin d’enquêter sur ses relations de travail et son management en vue d’améliorer le bien-être de ses employés ? Et que fait-elle des résultats produits par cette recherche ? L’article poursuit ces deux axes de questionnement à partir d’un témoignage anonymisé livré sous la forme d’un entretien entre le comité de rédaction de Passerelles SHS et l’anthropologue qui revient sur son expérience. Si l’article relève moins d’un article scientifique traitant avec méthode et enquête des appropriations de la recherche en anthropologie pour un certain type de grandes entreprises, il n’en reste pas moins que le témoignage permet d’approcher les conditions sociales de l’import de savoirs et méthodes scientifiques en SHS au sein du monde de la grande entreprise. Se lit dans ce récit à la fois la manière dont la recherche est encastrée dans des relations professionnelles dont il est difficile de se défaire et combien le temps du chercheur est mobilisé pour des motifs relatifs à la productivité de l’entreprise. Tout travail pour s’affranchir des impositions extra-scientifiques des commanditaires est alors confronté à une impasse, de laquelle la chercheuse ne peut sortir qu’en choisissant l’exit. Le récit en question permet d’ouvrir des pistes d’enquête sur le statut de la recherche en sciences sociales et de l’usage des subventions pour la recherche dans l’espace d’une grande entreprise cotée au CAC 40.