2025/08/31 by Yacine DIAGNE
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.n017.vol.3.15.2025
Résumé : Cet article explore l'émergence des chroniqueurs politiques s'exprimant en wolof dans le paysage médiatique sénégalais. Par le refus de l’usage du français dans le commentaire journalistique, associé à une rhétorique émotionnelle, ils proposent d’établir une relation immédiate et directe entre médias, pouvoir politique et citoyenneté. Ils remettent en cause dans ce but les règles de base à la fois de la communication dans le journalisme professionnel et de la délibération dans la démocratie représentative. L’étude s’inscrit dans le prolongement d’une étude antérieure sur les radios communautaires dont le projet, dans un tout autre contexte, était similaire. Elle est fondée sur une observation participante et une première exploitation d’une enquête en cours. Elle met en lumière les formes spécifiques de légitimation développées par ces chroniqueurs, les tensions qu'engendre leur parole politique et les opportunités qu'elle offre pour l'approfondissement démocratique dans un pays marqué par de fortes inégalités linguistiques et sociales. Elle met en évidence aussi les mécanismes par lesquels, ces tentatives de dépasser les limites de la démocratie représentative peuvent, paradoxalement, en saper les fondements et la mettre en péril. Mots-clés. Chronique politique, Wolof, démocratisation médiatique, démocratie participative, sociologie politique.