2024/04/24 by Rios Ludena, Eduardo
#FOS: Political science
paper · doi:10.25647/etudesduceri.226-227.04
Trois ans après l’arrivée au pouvoir de Nicolás Maduro, dauphin d’Hugo Chávez (1999-2013), le Venezuela affronte la plus profonde crise économique de son histoire pétrolière. Caractérisée par une inflation qui a atteint 720 % en 2016 selon le Fonds monétaire international (FMI) et des pénuries grandissantes de biens de consommation de première nécessité, elle a mis en évidence les limites du modèle économique de Chávez dans un contexte de chute des prix du pétrole. A l’aube de l’année 2017, le gouvernement Maduro semble impuissant face à l’ampleur de la crise. Son action aux commandes de l’exécutif a dévoilé son incapacité à trouver une formule permettant d’assainir cette situation critique. Cet aveu de faiblesse est d’autant plus problématique qu’à moins d’amorcer un virage autoritaire encore plus serré, le gouvernement va devoir affronter une année pour le moins mouvementée : des élections régionales sont prévues fin 2017. Dans son labyrinthe, le général a pour l’instant décidé de repousser l’échéance électorale du référendum révocatoire au prix d’un affaiblissement des institutions démocratiques qui le légitiment. Cependant, l’obstination des chavistes à se maintenir au pouvoir a rendu invraisemblable toute perspective de victoire révolutionnaire par les urnes. A court de solution claire et efficace à moyen terme, le mouvement chaviste n’a fait que soupeser des options qui – à moins qu’il ne trouve très rapidement la réponse politique qui lui fait défaut depuis trois ans – ne devraient se traduire que par une dilution du pouvoir et un partage des responsabilités politiques avec des membres de l’opposition. La gestion de crise du pouvoir consiste à jouer sur les leviers de l’économie afin de limiter les retombées des désastreux résultats macroéconomiques sur la vie d’électeurs populaires qui se tournent vers l’opposition. L’avenir du mouvement lancé par Hugo Chávez dépend de la capacité de Nicolás Maduro à empêcher que la situation critique du pays ne se traduise en un raz-de-marée électoral en faveur de l’opposition, qui signifierait son exclusion de la vie politique vénézuélienne.