2022/01/21 by Cyril Aslanov
Arts and Humanities · Social Sciences · #Charles Perrault #Historical Linguistics and Language Studies #Historical and Literary Studies #Linguistics and language evolution #Mme d'Aulnoy #archaïsmes lexicaux #burlesque #néologismes #préciosité #purisme linguistique #rococo
paper · doi:10.58048/2263-7664/3650
openalex publication_date 2022/01/21 · openalex created_date 2025/10/10 · openalex updated_date 2026/07/15
Les Histoires ou Contes du temps passé de Perrault et plus encore, les Contes des fées de Madame d’Aulnoy contiennent souvent des termes saillants qui produisent un effet de rupture stylistique. Chez Perrault, dont l’idéal esthétique est proche de la Seconde préciosité, l’écart par rapport au français classique se traduit par le recours occasionnel à des archaïsmes discrets. En revanche, le conteur est réfractaire au néologisme. De son côté, Marie-Catherine d’Aulnoy oscille audacieusement entre les archaïsmes lexicaux et une créativité verbale qui rappelle parfois le style burlesque. Je procéderai donc à un classement de quelques affleurements timides du style désuet chez Perrault qui contraste avec l’exploration des deux extrêmes de l’archaïsme et de la néologie qui se manifeste dans les Contes des fées de Madame d’Aulnoy. Ces écarts stylistiques doivent être mis en perspective avec le français classique du XVIIe siècle bien plus qu'avec les usages linguistiques de notre propre époque, pour laquelle les Contes de Perrault et les Contes des fées apparaissent de toute façon comme des textes anciens lors même que certaines formules de Perrault (dont la fameuse formulette Tire la chevillette, la bobinette cherra) sont entrées dans le langage courant.