2025/09/15
#Soupault #carnet de voyage #intermédialité #mise en ondes #poésie
paper · doi:10.34745/numerev_2253
« Carnet de voyage », « carnet de route » : ainsi Soupault désigne-t-il deux de ses émissions radiophoniques, Instantanés de Perse (1950) et Bagdad 1950 (1951), deux récits qui tentent timidement de mettre en pratique cet art évocatoire dont il rêve en 1952 dans Le Monde des sons. Le présent article donne quelques aperçus de l’évolution entre l’illustration sonore dans le premier et la suggestion sensorielle dans le second. On y étudie leur statut générique, par comparaison avec la causerie radiophonique et le reportage journalistique, les mêmes voyages au Moyen-Orient conduisant plusieurs types de récits selon les supports. De la mise en ondes de ces notations de voyage se dégage peu à peu l’idée que la radio est une façon de poursuivre l’écriture de poésie par d’autres moyens : le motif récurrent des gouttes d’eau fait entendre ce qui était dans l’œuvre de Soupault depuis Les Champs magnétiques, une « métaphore obsédante » de la naissance du poème. Les ressources évocatoires du son, supérieures à celles de l’image visuelle, font alors de la radio le medium le plus fidèle de la poésie.