2025/09/15
#Ben Russell #Cinéma ethnographique #Cinéma expérimental #Cycle du Suriname
paper · doi:10.34745/numerev_2159
Le cinéma ethnographique de Ben Russell actualise la notion de cycle à différents égards. Cet article se propose de parcourir quelques aspects du cycle mobilisés par le cinéaste américain au travers de l’étude croisée de deux longs-métrages, Let Each One Go Where He May (2009) et Good Luck (2017), tournés tous les deux sur un même terrain d’observation, la vie des communautés Marrons du Suriname. À ce titre, il est possible de parler d’un « cycle du Suriname » interne à l’œuvre du cinéaste pour traiter de ces films, dont cet article cherchera à cerner certains aspects. J’essaierai de comprendre alors le cycle comme un opérateur de continuité entre ces films, peut-être davantage temporel que spatial. Le cycle cinématographique apparaîtra alors comme une réflexion sur la temporalité des images et sur la promesse utopique charriée par le cinéma. Toutefois, il faudra bien comprendre que les films de Ben Russell non seulement présentent des cycles antagonistes, tels que ceux de la marche, du travail ou de la géologie, mais pensent également, par les moyens combinés du cinéma expérimental et de l’observation à caractère ethnographique, une sortie dialectique du cycle. Les films laissent ainsi chacun, humain ou non, aller où il peut.