2025/01/26 by Cheval, Sophie
#féminisme #genre #masculinité #psychothérapie #stéréotypes #subalternité #série
paper · doi:10.71616/356
Début 2021, dans un contexte de dénonciations retentissantes des violences sexistes et sexuelles, Arte diffuse sa série En Thérapie, qui prétend dépeindre la France des attentats de 2015. D’ampleur inattendue, le succès public et critique est immédiat. Pourtant, si cette série nous plonge en 2015, c’est en réalité parce qu’elle met en scène la France d’avant #metoo. On y retrouve l’ordre du monde patriarcal : en thérapie et en-dehors, les hommes, les femmes, les dominants et les subalternes, l’organisation de la binarité hiérarchisée, tout est bien à sa place, et tout va y rester. Son succès, dès lors, interroge : le psy demeurerait-il le dernier personnage à qui nous consentons collectivement à octroyer le monopole de la violence légitime ? Cet article propose de déplier les impensés de cette figuration de la thérapie, en rendant compte des représentations implicites qu’elle charrie, en termes de dominations de genre, race et classe.