2022/10/17 by Yambaïdjé MADJINDAYE & Taoussi Taoukamla BICHARA
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.s09v1.21.2022
L’œuvre romanesque de Tierno Monénembo traite essentiellement des thématiques tournant autour de la tyrannie, de la dictature, de la torture, de l’oppression, de la discrimination, de l’immigration, du génocide et de l’exil. Les Crapauds-brousse (1979), L’Aîné des orphelins (2000) et Pelourinho (1998), dont les décors respectifs renvoient à la Guinée de Sékou Touré, au Rwanda de Juvénal Habyarimana et au Brésil à l’ère de l’esclavage des Noirs, en sont une parfaite illustration. La poétique monénembienne trouve ainsi en ces décors souvent carcéraux, asphyxiants et avilissants l’expression pertinente de l’exil. Une telle problématique a besoin d’être élucidée en vue de permettre au lecteur averti d’en tirer le meilleur profit. Et c’est dans cette optique que le présent article se propose d’explorer la poétique de l’exil à travers l’espace carcéral chez le romancier guinéen Tierno Monénembo. Aussi postule-t-il de montrer, grâce à la critique thématique et à la sociocritique, comment la plupart des personnages de cet auteur apparaissent, à tous égards, soit comme des prisonniers, soit comme des étrangers, dans les lieux qui les abritent ou qu’ils habitent, qu’ils soient des lieux physiques ou symboliquement clos. L’analyse minutieuse de ces textes romanesques révèle finalement ceci : l’expérience carcérale, quoiqu’il place l’individu face à sa propre personnalité et à la vie en société, n’est rien d’autre que l’expérience de l’exil, de l’exclusion, de l’isolement, de la douleur et/ou du déchirement.