2025/11/04 by Kouakou Jean-Michel KOUASSI & Tokpa Germain ANTOINE
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.n018.vol.1.21.2025
Résumé : Cette étude interroge le paradoxe de la justice : conçue comme garante du vivre-ensemble, elle peut se pervertir en instrument de domination et devenir une « justice de la mort ». À travers Au nom du peuple (2011) du juriste et dramaturge guinéen Ahmed Tidjani Cissé, elle analyse les procédés par lesquels le théâtre, en se faisant tribunal symbolique, révèle la faillite d’un système judiciaire soumis aux logiques politiques. L’objectif est de montrer que lorsque la justice meurt en tant qu’institution équitable, elle ressurgit sous une forme dévoyée (la peine capitale) qui consacre la violence et l’arbitraire du pouvoir au détriment du peuple. Pour ce faire, la recherche mobilise une méthodologie croisée : l’approche sociocritique, afin de mettre en relation le procès fictif et les réalités politiques africaines contemporaines ; la sémiologie théâtrale, pour analyser les signes scéniques (répliques, personnages, symboles) qui construisent l’image d’une justice corrompue ; et l’analyse discursive, afin de montrer comment le langage judiciaire, transposé dans l’espace dramatique, devient un outil critique et subversif. L’étude met ainsi en exergue le rôle du théâtre comme espace de dénonciation et comme lieu citoyen de réflexion sur la justice et le pouvoir. Mots-clés : La mort de la justice, la justice de la mort, théâtralisation, critique sociale, pouvoir.