2025/09/15
#Amigorena #Roman monde #cycle #littérature contemporaine
paper · doi:10.34745/numerev_2158
En interrogeant le vaste projet autobiographique du Dernier texte de Santiago H. Amigorena, au regard de la poétique des cycles romanesques, le lecteur est frappé par la démesure d’un projet qui le dépasse tant sur le plan narratif que formel. En effet, le Dernier texte ambitionne de s’écrire à l’échelle d’une vie entière. Afin de répondre à l’ampleur du projet annoncé, dès le « Au lecteur », l’auteur opte pour une publication sérielle, démultipliant ainsi son monde en divers territoires de fiction. À la fois désireux d’unité, mais intrinsèquement fragmentaire, le Dernier texte ne cesse de s’accroître au fil de la parution de nouveaux tomes et appendices et assume pleinement son désir de faire monde. La cyclicité du projet est encouragée par des effets de décentrements narratifs, orchestrés par l’auteur-narrateur, au sein de la diégèse, qui exulte à l’idée de ressasser son amour pour son amante Philippine, mais aussi pour l’écriture. Toutefois, malgré son ambition totalisante, le projet est hanté par la métaphore babélique, et semble, selon les dires du narrateur, ressasser son propre échec. Par conséquent, comment en finir avec les fins ? Comment en finir avec le cycle ? Comment en finir avec le Dernier texte ?