2025/06/22 by Kobenan Paul KOUASSI
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.60632/ziglobitha.n014.03.vol.1.2025
Résumé : Cet article propose, à travers une approche croisée des dimensions identitaires, politiques et économiques, d’analyser le processus de construction du séparatisme casamançais. Les frontières étatiques issues de la colonisation ont fragmenté les espaces culturels et linguistiques traditionnels. Cela a provoqué, d’un côté, des ruptures sociales profondes ; de l’autre, de nouvelles formes de voisinage. Cette invention coloniale a bouleversé les structures traditionnelles, entrainé la désorganisation des fondements communautaires et l’effacement progressif de l’autorité traditionnelle, autrefois perçue comme naturellement légitime. Ces transformations ont alimenté des tensions exprimées sous forme de luttes de pouvoir, souvent violentes, liées au manque d’inclusion sociale, au néo-patrimonialisme et aux enjeux fonciers. Au Sénégal, les stéréotypes construits autour des Diolas et l’instrumentalisation identitaire ont nourri un sentiment d’exclusion, qui s’est cristallisé dans les revendications autonomistes portées par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Le conflit en Casamance, enclenché en 1982, ne s’explique pas seulement par des facteurs identitaires : il reflète aussi des frustrations économiques et une marginalisation politique plus large. Mots-clés : Sénégal – Casamance – Identité – Séparatisme – Conflit