2025/02/25 by Magloire MOUNDOUBOU
#FOS: Languages and literature
paper · doi:10.48734/akofena.n015.vol.2.20.2025
Résumé : Comme toute discipline scientifique qui opère dans le champ de l’immédiatement insaisissable, les situations rencontrées et analysées sur les territoires de recherche offrent des perspectives diverses et parfois novatrices, des points de vue qui peuvent s’opposer, se conforter, s’affronter ou alors se compléter. Cette situation n’épargne pas le champ de l’archéologie dans l’accomplissement de ses visées lorsqu’il s’agit de rendre compte des dynamiques anciennes ou récentes. Ainsi, avec pour objectif clairement indiqué qui est le processus de la reconstitution des faits sur la base des productions matérielles, les approches postulées distinguent globalement deux catégories d’acteurs. D’un côté, se trouvent les modernistes qui soutiennent que la spécificité de la discipline archéologique est encadrée et entretenue par l’idée selon laquelle le caractère enfoui en stratigraphie et la préservation d’un passé aux dimensions non saisissables dans l’immédiateté de son objet d’étude est la condition sine qua none de sa légitimité ; et de l’autre côté, les postmodernistes qui proposent de battre en brèche cette conception en suggérant d’intégrer le mouvement interdisciplinaire que l’on retrouve dans les arts et les sciences. Pour une mise en place d’un mécanisme portant sur l’analyse raisonnée des vestiges afin de rechercher de manière intelligente la vérité, cette tendance préconise de faire fi de l’ancienneté (âge) et de la position en stratigraphie (sol) de l’objet en y introduisant les objets du présent/récent et ceux conservés hors stratigraphie/espace domestique. Entre ces deux positionnements cognitifs qui interpellent les fondements épistémologiques qui pourtant, distinguent bien l’archéologie des autres champs disciplinaires, la problématique de la légitimité ou du statut à accorder à l’objet archéologique se pose avec perspicacité. Pour y apporter des éléments de réponse à cette ambigüité, la méthodologie adoptée s’est inféodée à une approche pluridisciplinaire articulée autour d’une triple préoccupation à savoir ; celle portant sur les conditions à remplir par des objets matériels pour arborer le statut de support archéologique dans un premier temps ; puis celle de savoir si les supports archéologiques explorés peuvent faire l’objet d’une étude exhaustive indéniable dans un deuxième temps et enfin, du fait de leur caractère techniquement lacunaire, comment intégrer les objets du présent dans la constitution d’un corpus en archéologie dans un troisième temps. Les résultats obtenus font état de ce que les principes épistémologiques des disciplines scientifiques demeurent flexibles. En effet, certains objets conservés dans les espaces domestiques (poterie, soufflet, bracelet) sont parfois plus anciens que ceux archivés en stratigraphie. Ainsi, l’ancienneté dont ils font preuve, renforce l’idée de l’antériorité recherchée et de ce point de vue, intègrent sans complexe, le corpus archéologique. Mots-clés : archéologie, témoins matériels, âge des métaux, pluridisciplinarité, cours moyen de la Sanaga